L'ancienne star marocaine Mustapha Hadji estime que le Maroc n'a pas volé sa victoire en finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, une position qui intervient alors que le Sénégal attend le verdict du Tribunal arbitral du sport (TAS) sur son recours. La décision finale de la plus haute instance du sport mondial est attendue pour la fin du mois de novembre, a confirmé son directeur général Matthieu Reeb.

La défense du règlement

Mustapha Hadji, Ballon d'or africain en 1998, a défendu l'attribution du titre au Maroc par la Confédération africaine de football (CAF). Il s'appuie sur les lois du jeu qui prévoient une sanction en cas d'abandon du terrain par une équipe. « Le football est régi par des lois, et la loi dit que si les joueurs quittent le terrain de jeu, il doit y avoir une pénalité », a-t-il déclaré. La finale, disputée à Rabat le 18 janvier, a été marquée par un incident majeur. Les Lions de la Téranga ont quitté le terrain pendant quatorze minutes pour protester contre un penalty accordé au Maroc en toute fin de temps réglementaire. Le tir de Brahim Diaz a été arrêté, et le Sénégal a finalement marqué par Pape Gueye en prolongations pour s'imposer 1-0 sur le score initial.

La Commission d'Appel de la CAF a cependant annulé ce résultat et attribué une victoire 3-0 au Maroc, considérant que le départ des joueurs sénégalais équivalait à un forfait. Hadji a critiqué l'arbitrage de la rencontre, pointant une erreur majeure. « Je crois que l'arbitre a commis une grosse erreur quand il a décidé de terminer le match après le départ des joueurs du Sénégal, et le plus étrange est que l'arbitre vidéo et les officiels de la fédération africaine ont laissé l'arbitre prendre la décision tout seul sans intervenir », a-t-il ajouté.

Le recours devant le TAS

Le Sénégal a officiellement déposé un recours contre cette décision auprès du TAS le 25 mars. L'audience s'est tenue à Lausanne, en Suisse, le 8 octobre dernier, avec des représentants des deux fédérations nationales et de la CAF. Le panel d'arbitres est présidé par le spécialiste français du droit sportif Gérald Simon, assisté du professeur italien Luigi Fumagalli et de l'avocat allemand Ulrich Haas. L'enjeu est de taille : il s'agit de savoir si la sanction administrative de la CAF, qui a privé le Sénégal d'un titre continental, était proportionnée à l'infraction commise.

En attendant ce verdict key, l'équipe nationale sénégalaise poursuit son parcours en qualifications. Elle a battu les Comores 1-0 le 4 octobre dernier grâce à un but d'Ismaïla Sarr dès la cinquième minute, sur une passe décisive d'Ibrahima Mbaye. Cette victoire place les Lions dans une dynamique positive avant leur prochaine rencontre, un match à domicile contre le Soudan prévu le 11 novembre. Le sélectionneur peut compter sur des attaquants en forme, avec Ismaïla Sarr meilleur buteur de la saison en cours avec quatre réalisations en quatre apparitions. Le calendrier des qualifications reste chargé pour l'équipe qui vise une place au prochain Mondial.

La position de Hadji rejoint celle d'autres observateurs, comme l'ancien sélectionneur de l'Afrique du Sud Hugo Broos, qui avait soutenu l'interprétation marocaine du règlement pendant la dispute. L'issue de l'affaire, quelle qu'elle soit, aura un impact profond sur l'avenir des compétitions africaines. Mustapha Hadji a lui-même exprimé l'espoir que cette crise ne se reproduise pas « pour l'avenir du football africain ». La décision du TAS, attendue dans les prochaines semaines, mettra un point final à près de deux ans d'incertitude et déterminera officiellement le palmarès de la CAN 2025.

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